bésigue


bésigue

bésigue [ bezig ] n. m.
• v. 1820; o. i.
Ancien jeu de cartes se jouant avec plusieurs jeux de 32 cartes.

bésigue nom masculin (peut-être italien bazzica, jeu de cartes) Jeu de cartes ressemblant au mariage.

bésigue
n. m. Jeu de cartes d'autrefois.

⇒BÉSIGUE, subst. masc.
JEUX. Jeu de cartes du type brisque, mariage, cinq-cents, se jouant le plus souvent à deux personnes :
1. ... il crevait de dépit, il venait de perdre trois manches au bésigue et la quatrième était bien compromise, car Bourdeau, son partner, venait d'annoncer le 250, et comme il avait dans son jeu les deux as d'atout, il annihilait du même coup, pour son adversaire, tout espoir de revanche.
HUYSMANS, Marthe, 1876, p. 56.
2. Je me souviens avec précision du soir d'automne où il me prit à part, après dîner, dans un coin du cabinet de mon père, tandis que mes parents taillaient un besigue avec ma tante Démarest et Anna.
GIDE, Si le grain ne meurt, 1924, p. 400.
SYNT. Bésigue à trois, à quatre; bésigue sans retourne; bésigue chinois; règles du bésigue; table du bésigue; attaquer, commencer, interrompre, proposer, terminer un bésigue.
Rem. On dit aussi bési, bézi : ,,Lia en robe de chambre, la raie de côté pour ménager ses cheveux, joue au bézi avec Dinah`` (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1861, p. 893).
Prononc. et Orth. :[bezig]. Il existe une autre forme besigue (Lar. 19e, LITTRÉ), transcrite par LITTRÉ : be-zi-gh'; ainsi que les formes abrégées corresp. aux 2 formes de base : bési, bésy/bézi, bézy et besi (Nouv. Lar. ill.), besy (GUÉRIN 1892). Étymol. et Hist. 1859 bézigue (PONSON DU TERRAIL, Rocambole, t. 1, L'Héritage mystérieux, p. 559 : Fort tranquillement attablés en face l'un de l'autre, jouant au bézigue); 1861, 4 mars, bezi (E. et J. DE GONCOURT, supra); 1864 bésigue (A. DUMAS Fils, L'Ami des femmes, II, 2, p. 105). Orig. obsc. peut-être à rapprocher de l'ital. bazzica « jeu de cartes » XVIIe s., attesté dès 1532 par le lat. bazeghae (DEI), qui d'apr. COR., s.v. baciga et DEI est à rattacher au verbe ital. bazzicare « fréquenter » et d'apr. MIGL.-DURO et DEVOTO, Avviamento, seraient dér. de l'ital. bazza « avantage, gain », terme de jeu, d'orig. discutée; on peut se demander aussi dans quelle mesure il n'y a pas infl. du préf. bis-, le jeu se jouant le plus souvent à deux pers. (cf. p. ex. besaigre, besaiguë). Fréq. abs. littér. :45.

bésigue [bezig] n. m.
ÉTYM. V. 1820; orig. inconnue; un jeu de cartes italien se nomme bazzica (p.-ê. de bazza « gain au jeu »), l'élément initial évoque bis-, le jeu étant souvent à deux; pour Guiraud, apparenté au provençal besi (d'où besigue), p.-ê. du bas lat. bisicus « tordu ».
Anciennt. Jeu de cartes proche du mariage, qui se joue (à deux, parfois trois ou quatre joueurs) avec plusieurs jeux de 32 cartes. || Tailler un bésigue.
1 Elle ne poursuivit plus de sa haine l'abbé qui faisait le bésigue de la famille et qu'elle trouvait sans mystère.
Giraudoux, Simon le pathétique, p. 151.
2 (…) l'abbé Donissan ne se trouvait libre qu'à minuit passé, ayant alors perdu la partie de bésigue quotidienne de M. Menou-Segrais.
Bernanos, Sous le soleil de Satan, Œ. roman., Pl., p. 160.
Var. : bézi (Goncourt), bési, [bezi].

Encyclopédie Universelle. 2012.